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Brésil : l’optimisme traditionnel érigé en nouvelle vertu économique

Publié dans Les Echos, le 14 février 2013

Par Jean-Jacques Gaudiot, consultant international et partenaire de EZReport

LE CERCLE. Alors qu’en ce début février le Carnaval de Rio 2013 battait son plein, ce n’est pas pour cet évènement de notoriété planétaire que les jeunes Européens ont fait du Brésil leur destination favorite pour venir travailler. L’optimisme qui y règne, actif national à part entière, est conforté par les chiffres de l’économie. Et les investisseurs misent nettement dessus.

Il y a des comparaisons qui dépaysent. En effet, la lecture de la dernière livraison du Global Consumer Confidence Survey l’étude mondiale publiée début 2013 par Nielsen sur les perspectives de chaque pays au cours des prochains mois éclaire le décalage qui marque les situations françaises et brésiliennes. Alors que les Français ne sont que 52,5 % (en baisse de 8,5 % par rapport à l’édition précédente) à miser sur une amélioration de leur situation dans l’année à venir, ils sont presque 75 % au Brésil. Ce pays détenant même la première place mondiale (43 %) sur la question spécifique de l’augmentation attendue des finances personnelles.

Les scores sont tout aussi décalés sur le sujet sensible de l’emploi. Pour lesquels, les Français sont seulement 6 % à croire à une meilleure situation en 2013. Une approche qui tranche avec les 32 % d’optimisme des Brésiliens en ce qui concerne leur futur professionnel.

Avec de tels scores, pas étonnant que le Brésil soit devenu une destination prioritaire pour les jeunes diplômés. Brasilia ne s’y est pas trompé et facilite les embauches de ces têtes bien faites : les autorisations temporaires de travail inférieures à deux ans, le plus souvent connectées à des projets d’investissement, ont progressé de 25 % au troisième trimestre 2012 par rapport à la même période de 2011. Le pays attire désormais bien au-delà de la seule population européenne d’origine portugaise, favorisée par la maîtrise de la langue.

Une illustration supplémentaire de ce dynamisme économique se lit dans les moyens que consacrent les investisseurs internationaux à cette région du monde. Des sommes telles qu’elles constituent la meilleure preuve de confiance dans la capacité du Brésil à devenir dans les toutes prochaines années un centre économique majeur. Ainsi, selon le cabinet KPMG, São Paulo est la 4e ville du monde qui a reçu le plus d’Investissements directs étrangers (IDE) en 2011.

En 2011, São Paulo a accueilli 195 investissements internationaux, se plaçant ainsi en 4e position derrière Londres, Shanghai et Hong Kong et donc avant Paris, Moscou et Pékin. À titre indicatif, la capitale économique brésilienne a réussi un bond de trois places en une seule année. L’appartenance à ce quinté de tête n’est pas qu’honorifique lorsque l’on sait que ces cinq villes perçoivent à elles seules l’équivalent de la moitié des sommes investies dans les vingt-deux principales villes du monde.

La tendance est nettement à la consolidation de ces économies en fort développement puisque KPMG constate que si les investissements étrangers à São Paulo ont augmenté en 2011 de 55 % par rapport à 2010, la progression fut déjà de 160 % entre 2009 et 2010. Un climat qui permet au Brésil de remporter selon le cabinet Ernst & Young, dans son enquête 2012 Brazil : capturing the momentum, le titre de territoire le plus attractif d’Amérique latine pour les IDE. De quoi donner le sourire aux Brésiliens, alors même que les feux du carnaval sont désormais éteints à Rio, Salvador et Récife.

Jean-Jacques Gaudiot est un consultant international et partenaire de EZReport

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